Quebec’s Secularism Law Finally Goes to Court

Nov. 4, 2020

By JANICE ARNOLD

MONTREAL—The long awaited court challenge to Quebec’s controversial secularism law got underway in Montreal’s Palais de Justice Nov. 2 with a young Muslim woman who wears a hijab testifying that her plans to teach in the public system have been dashed, making her feel excluded and inferior.

Bill 21, which became law in June 2019, prohibits public employees deemed to represent state authority from displaying religious symbols while on the job. These include police officers, judges, Crown prosecutors and other government lawyers, prison guards and – most widely questioned – teachers and principals in public elementary and high schools.

Ichrak Nourel Hak, the first witness at the trial, which is expected to last several weeks, had just graduated from the University of Montreal and was hoping to begin her career in a public school when the legislation came into effect. She is now teaching in the private sector, which is not subject to the law. That includes Jewish day schools.

The trial, held in Quebec Superior Court, combines four separate lawsuits against Bill 21, officially entitled “An Act Respecting the Laicity of the State.”

It was high on the agenda of the Coalition Avenir Québec which was elected with a solid majority in October 2018. The new government quickly shepherded it through the legislative process, despite sustained outcry from minority and human rights groups, legal experts, and the opposition Liberal Party.

Premier Francois Legault described the bill as a “moderate” resolution of the acrimonious debate over “reasonable accommodation” of religious practices in the public sphere. Polls have shown that a majority of Quebecers agree with him.

All four lawsuits seek the law’s annulment on constitutional grounds but will offer differing legal arguments on why it violates fundamental rights. These have to be complex because the law includes the constitutional notwithstanding clause, which allows the government to override guarantees of religious liberty and equality, including between men and women, under the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

All of the complainants charge that the law is discriminatory against those whose religious belief requires them to wear such symbols. In practical terms, the greatest impact is on Muslim women.

The law does not specifically name what constitutes a religious symbol but the minister responsible has said it should be commonly understood to mean headwear or jewelry. The law applies to all religions, not only minorities.

Public employees who wore such symbols before the law was adopted are “grandfathered,” but only as long as they stay in the same job description.

Hak is the lead plaintiff for the first lawsuit, launched by the National Council of Canadian Muslims and Canadian Civil Liberties Union (CCLU). The others were filed by the English Montreal School Board; the Fédération autonome de l’enseignement, a teachers’ union; and three teachers – two Muslim, one Roman Catholic who wear religious symbols – who are backed by an interfaith and intercultural coalition.

Gregory Bordan, lawyer for the three teachers and an observant Jew, will argue that the relevant rights were entrenched long before the 1982 Canadian constitution, back even to Confederation in 1867.

Whatever the decision, experts believe it will be appealed and, eventually, taken to the Supreme Court of Canada – a process that could take years.

Last year, a Superior Court judge rejected a request by the Muslim council and CCLU for an injunction against parts of the law with the most direct affect on individuals until their case goes to trial. That decision was upheld by the Quebec Court of Appeal in December.

In the current trial, the court did grant intervener status to a pro-secularist group that believes the law does not go far enough.

In the debate before the federal election last October, Prime Minister Justin Trudeau said Ottawa might intervene in the court challenge, but that has not happened.

During public hearings in the spring of 2019, the Lord Reading Law Society vigorously opposed the bill saying it would create a “state religion” that imposes neutrality and deprive individuals of their fundamental rights and freedoms.

This association of Jewish lawyers believes the bill contravenes the 1948 Universal Declaration of Human Rights and 1976 International Covenant on Civil and Political Rights, to which Canada is a party.

The Centre for Israel and Jewish Affairs-Quebec termed the bill “a disproportionate attack” on basic rights, including equality of opportunity for employment, and urged that, at the minimum, teachers not be subject to it.

It also found the bill’s wording ambiguous, leaving too much discretion in the hands of administrators of public institutions in how it is applied.

B’nai Brith Canada urged the entire law be scrapped, saying it “contributes to the divisions that already exist in Quebec society” and “advocates a militant form of laicity to the detriment of religious individuals and communities that cannot be justified.”

The organization feared that hateful acts against minorities would increase.

Le Chabad et le Centre Hillel à l’Université de Montréal (UdeM) : rivalité ou complémentarité ?

Aug. 26, 2020 – Par ELIAS LEVY, Montréal

Comment le Centre Chabad et le Centre Hillel envisagent-ils la rentrée universitaire 2020-2021 à l’Université de Montréal (UdeM) ? Appréhendent-ils ce retour en classe qui se déroulera cette année sous le sceau de l’exceptionnalité ?

Le Centre Hillel a été pendant trente ans le principal foyer et lieu de rencontre des étudiants juifs francophones de Montréal.

Cette institution s’est notoirement distinguée par son dynamisme, son souci permanent de défendre la cause d’Israël sur les campus universitaires francophones de Montréal et la qualité de ses programmes culturels et sociorécréatifs.

Le Centre Hillel a fermé ses portes en 2014.

La bâtisse qui l’a abrité pendant trois décennies, sise au 5325, rue Gatineau (au coin de la rue Jean-Brillant), était depuis 1984 la propriété de la Fédération CJA.

Le Centre Chabad de l’Université de l’UdeM, fondé en 2014 par le Rabbin Shlomo Banon et son épouse, Matti, a acquis celle-ci en septembre 2019 pour la somme de 605 000$. Un prix bien en dessous de sa valeur monétaire réelle, estimée à environ 900 000$, dans un marché immobilier en pleine effervescence.

À l’instar du Centre Hillel, le Centre Chabad est reconnu aussi comme un groupe affilié à l’UdeM.

Il a entrepris récemment une campagne de financement. Objectif : 400 000$, qui serviront à défrayer les coûts de rénovation d’une bâtisse vétuste dont la structure est en très mauvais état.

Des rénovations majeures sont urgentes: la toiture en déliquescence a été réparée, l’aménagement intérieur requiert d’importants travaux de construction, six dortoirs, qui hébergeront des étudiants, seront aménagés…

« La Fédération CJA de Montréal a été très réceptive à notre ardent souhait d’acquérir l’immeuble qui a abrité jadis le Centre Hillel. Cette institution fédérative a compris l’importance de recréer un foyer pour les étudiants juifs de l’UdeM situé à proximité de cette institution universitaire. Nous considérons notre engagement dans cette noble cause communautaire comme une Mitzvah. Beaucoup d’étudiants juifs de l’UdeM, particulièrement ceux venant de l’étranger, se sentent souvent seuls. Le Centre Chabad est pour eux un foyer et un repère identitaire fort. Notre philosophie est basée sur l’adage « A home away from home » (« Une maison loin de la maison »). Nous voulons que les étudiants de l’étranger que nous accueillons se sentent comme chez eux », explique en entrevue le Rabbin Shlomo Banon, fondateur et directeur du Centre Chabad de l’UdeM.

En pleine pandémie de la COVID-19, le retour en classe pose un sérieux casse-tête aux administrateurs des écoles, des cégeps et des universités. Les différentes facultés de l’UdeM ont prévu un enseignement hybride : quelques cours seulement seront donnés en classe, la majorité seront dispensés en ligne.

Cette réalité incontournable ne risque-t-elle pas d’avoir cet automne une incidence négative sur la fréquentation du Centre Chabad de l’UdeM?

« Au contraire. La pire chose pour la santé mentale d’un étudiant est de passer la journée entière chez lui. Nous l’avons vu récemment. Le confinement a provoqué de grands ravages, particulièrement au niveau émotionnel et psychologique. Le Centre Chabad de l’UdeM sera une vraie bouffée d’oxygène pour des étudiants astreints à suivre leurs cours universitaires depuis leur domicile. Nous allons aménager l’espace de nos lieux en appliquant d’une manière pointilleuse toutes les directives émises par les autorités de santé publique du Québec : mesures d’hygiène, distanciation sociale de deux mètres… Nous serons en mesure d’accueillir quotidiennement 40 à 60 étudiants tout en respectant rigoureusement les mesures sanitaires recommandées. Ces jeunes pourront étudier dans un cadre sécuritaire, chaleureux et convivial tout en bénéficiant de repas savoureux casher proposés par notre cafétéria et d’un réseau Wifi superpuissant », précise le Rabbin Shlomo Banon.

Combien d’étudiants juifs fréquentent l’UdeM?

« D’après les données établies en 2018 par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA): 850. Un bon nombre d’entre eux sont des étudiants étrangers majoritairement originaires de France. Il y a aussi des Belges, des Suisses et des Marocains. Mais chaque année, il y a de plus en plus d’étudiants ashkénazes anglophones qui poursuivent leurs études dans les facultés de droit et de médecine de l’UdeM. J’estime que cette année environ 1000 étudiants juifs fréquenteront cette université francophone », souligne le Rabbin Shlomo Banon.

Le Centre Hillel est-il toujours actif sur le campus de l’UdeM?

« Absolument. Bien que la branche du Centre Hillel fasse désormais partie intégrante du Hillel Center localisé au centre-ville de Montréal, nous continuons à être présents dans les principaux campus francophones, et particulièrement à l’UdeM. Force est de reconnaître que le début de cette nouvelle année universitaire s’annonce un peu plus compliquée, la majorité des cours devant être dispensés en ligne. En temps normal, nous tenons des tables d’information et organisons des conférences sur le campus. Cependant, nous n’allons pas chômer pour autant. Nous comptons offrir des activités virtuelles, par exemple une rencontre chaque semaine avec un invité de marque », nous a dit Sol Felsztyna, étudiante en éducation à l’UdeM et coprésidente du Centre Hillel dans cette université.

Y a-t-il une rivalité entre le Chabad et le Centre Hillel à l’UdeM?

« Pas du tout. Il n’y a aucune rivalité mais une complémentarité, répond sur un ton rassurant Jordan Ohana, étudiant en comptabilité à l’École des HEC et coprésident du Centre Hillel de l’UdeM. Le Centre Chabad dessert essentiellement les étudiants juifs francophones de l’étranger poursuivant leurs études à l’UdeM. Il leur offre divers services, notamment religieux et sociaux. Nous souhaitons collaborer étroitement avec le Chabad afin de proposer des activités conjointes aux étudiants juifs de l’UdeM. L’union de nos forces vives sera certainement un grand atout pour nos deux institutions. »

La défense d’Israël sur le campus de l’UdeM est-elle une priorité pour le Chabad et le Centre Hillel?

Alexandre Ohayon, étudiant en économie à l’UdeM et président de la branche du Chabad dans cette université, Sol Felsztyna et Jordan Ohana, coprésidents du Centre Hillel de l’UdeM, sont foncièrement d’accord sur un point : les aspects les plus hideux du conflit israélo-palestinien n’ont pas été importés sur le campus de l’UdeM. Les relations entre étudiants juifs et musulmans dans cette université sont respectueuses et harmonieuses. L’atmosphère est tout autre que celle qui règne dans les campus de l’Université Concordia et de l’Université McGill. Les frictions sont très rares, même pendant la Semaine de l’apartheid israélien organisée annuellement par les étudiants propalestiniens.

« Le Chabad de l’UdeM est très sensible à la question de l’antisémitisme et du BDS, campagne de boycott, de désinvestissements économiques et de sanctions prônés par les détracteurs d’Israël. Nous voulons éviter à tout prix les confrontations. La vocation du Centre Chabad est essentiellement spirituelle. Mais nous sommes pro-Israël et contre le BDS à 1000%. Nous tablons plutôt sur un dialogue constructif. Nous sensibilisons les étudiants juifs à la question de l’antisémitisme et de l’antisionisme. Nous les encourageons à répondre aux critiques d’Israël avec des arguments fondés et sensés rappelant la légitimité de l’État juif et la justesse de sa cause plutôt qu’en brandissant des drapeaux d’Israël. Nous militons en faveur d’Israël d’une manière intelligente et pacifique. »

Sol Felsztyna abonde dans le même sens.

« Il n’a jamais été question de capituler face à la propagande palestinienne. Par contre, nous nous escrimons à rappeler aux étudiants non-juifs, susceptibles d’être séduits par la rhétorique propalestinienne trompeuse, qu’Israël ne se limite pas à une armée et à des soldats combattant des terroristes palestiniens. Israël, c’est aussi une démocratie vibrante, une société très créative, une économie très performante, portée par le high-tech, une littérature et un cinéma qui rayonnent dans le monde entier… Nous voulons promouvoir dans les campus une image positive, et non réactive, d’Israël. Une image autre que politique ou militaire de ce petit pays remarquable: ses réalisations gigantesques dans les domaines des sciences, de la médecine, de l’agriculture, des arts, de la littérature, du cinéma… Les étudiants non-juifs apprécient beaucoup plus ces facettes, malheureusement fort méconnues, d’Israël. »

Elias Levy
Elias Levy