Le Chabad et le Centre Hillel à l’Université de Montréal (UdeM) : rivalité ou complémentarité ?

Aug. 26, 2020 – Par ELIAS LEVY, Montréal

Comment le Centre Chabad et le Centre Hillel envisagent-ils la rentrée universitaire 2020-2021 à l’Université de Montréal (UdeM) ? Appréhendent-ils ce retour en classe qui se déroulera cette année sous le sceau de l’exceptionnalité ?

Le Centre Hillel a été pendant trente ans le principal foyer et lieu de rencontre des étudiants juifs francophones de Montréal.

Cette institution s’est notoirement distinguée par son dynamisme, son souci permanent de défendre la cause d’Israël sur les campus universitaires francophones de Montréal et la qualité de ses programmes culturels et sociorécréatifs.

Le Centre Hillel a fermé ses portes en 2014.

La bâtisse qui l’a abrité pendant trois décennies, sise au 5325, rue Gatineau (au coin de la rue Jean-Brillant), était depuis 1984 la propriété de la Fédération CJA.

Le Centre Chabad de l’Université de l’UdeM, fondé en 2014 par le Rabbin Shlomo Banon et son épouse, Matti, a acquis celle-ci en septembre 2019 pour la somme de 605 000$. Un prix bien en dessous de sa valeur monétaire réelle, estimée à environ 900 000$, dans un marché immobilier en pleine effervescence.

À l’instar du Centre Hillel, le Centre Chabad est reconnu aussi comme un groupe affilié à l’UdeM.

Il a entrepris récemment une campagne de financement. Objectif : 400 000$, qui serviront à défrayer les coûts de rénovation d’une bâtisse vétuste dont la structure est en très mauvais état.

Des rénovations majeures sont urgentes: la toiture en déliquescence a été réparée, l’aménagement intérieur requiert d’importants travaux de construction, six dortoirs, qui hébergeront des étudiants, seront aménagés…

« La Fédération CJA de Montréal a été très réceptive à notre ardent souhait d’acquérir l’immeuble qui a abrité jadis le Centre Hillel. Cette institution fédérative a compris l’importance de recréer un foyer pour les étudiants juifs de l’UdeM situé à proximité de cette institution universitaire. Nous considérons notre engagement dans cette noble cause communautaire comme une Mitzvah. Beaucoup d’étudiants juifs de l’UdeM, particulièrement ceux venant de l’étranger, se sentent souvent seuls. Le Centre Chabad est pour eux un foyer et un repère identitaire fort. Notre philosophie est basée sur l’adage « A home away from home » (« Une maison loin de la maison »). Nous voulons que les étudiants de l’étranger que nous accueillons se sentent comme chez eux », explique en entrevue le Rabbin Shlomo Banon, fondateur et directeur du Centre Chabad de l’UdeM.

En pleine pandémie de la COVID-19, le retour en classe pose un sérieux casse-tête aux administrateurs des écoles, des cégeps et des universités. Les différentes facultés de l’UdeM ont prévu un enseignement hybride : quelques cours seulement seront donnés en classe, la majorité seront dispensés en ligne.

Cette réalité incontournable ne risque-t-elle pas d’avoir cet automne une incidence négative sur la fréquentation du Centre Chabad de l’UdeM?

« Au contraire. La pire chose pour la santé mentale d’un étudiant est de passer la journée entière chez lui. Nous l’avons vu récemment. Le confinement a provoqué de grands ravages, particulièrement au niveau émotionnel et psychologique. Le Centre Chabad de l’UdeM sera une vraie bouffée d’oxygène pour des étudiants astreints à suivre leurs cours universitaires depuis leur domicile. Nous allons aménager l’espace de nos lieux en appliquant d’une manière pointilleuse toutes les directives émises par les autorités de santé publique du Québec : mesures d’hygiène, distanciation sociale de deux mètres… Nous serons en mesure d’accueillir quotidiennement 40 à 60 étudiants tout en respectant rigoureusement les mesures sanitaires recommandées. Ces jeunes pourront étudier dans un cadre sécuritaire, chaleureux et convivial tout en bénéficiant de repas savoureux casher proposés par notre cafétéria et d’un réseau Wifi superpuissant », précise le Rabbin Shlomo Banon.

Combien d’étudiants juifs fréquentent l’UdeM?

« D’après les données établies en 2018 par le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA): 850. Un bon nombre d’entre eux sont des étudiants étrangers majoritairement originaires de France. Il y a aussi des Belges, des Suisses et des Marocains. Mais chaque année, il y a de plus en plus d’étudiants ashkénazes anglophones qui poursuivent leurs études dans les facultés de droit et de médecine de l’UdeM. J’estime que cette année environ 1000 étudiants juifs fréquenteront cette université francophone », souligne le Rabbin Shlomo Banon.

Le Centre Hillel est-il toujours actif sur le campus de l’UdeM?

« Absolument. Bien que la branche du Centre Hillel fasse désormais partie intégrante du Hillel Center localisé au centre-ville de Montréal, nous continuons à être présents dans les principaux campus francophones, et particulièrement à l’UdeM. Force est de reconnaître que le début de cette nouvelle année universitaire s’annonce un peu plus compliquée, la majorité des cours devant être dispensés en ligne. En temps normal, nous tenons des tables d’information et organisons des conférences sur le campus. Cependant, nous n’allons pas chômer pour autant. Nous comptons offrir des activités virtuelles, par exemple une rencontre chaque semaine avec un invité de marque », nous a dit Sol Felsztyna, étudiante en éducation à l’UdeM et coprésidente du Centre Hillel dans cette université.

Y a-t-il une rivalité entre le Chabad et le Centre Hillel à l’UdeM?

« Pas du tout. Il n’y a aucune rivalité mais une complémentarité, répond sur un ton rassurant Jordan Ohana, étudiant en comptabilité à l’École des HEC et coprésident du Centre Hillel de l’UdeM. Le Centre Chabad dessert essentiellement les étudiants juifs francophones de l’étranger poursuivant leurs études à l’UdeM. Il leur offre divers services, notamment religieux et sociaux. Nous souhaitons collaborer étroitement avec le Chabad afin de proposer des activités conjointes aux étudiants juifs de l’UdeM. L’union de nos forces vives sera certainement un grand atout pour nos deux institutions. »

La défense d’Israël sur le campus de l’UdeM est-elle une priorité pour le Chabad et le Centre Hillel?

Alexandre Ohayon, étudiant en économie à l’UdeM et président de la branche du Chabad dans cette université, Sol Felsztyna et Jordan Ohana, coprésidents du Centre Hillel de l’UdeM, sont foncièrement d’accord sur un point : les aspects les plus hideux du conflit israélo-palestinien n’ont pas été importés sur le campus de l’UdeM. Les relations entre étudiants juifs et musulmans dans cette université sont respectueuses et harmonieuses. L’atmosphère est tout autre que celle qui règne dans les campus de l’Université Concordia et de l’Université McGill. Les frictions sont très rares, même pendant la Semaine de l’apartheid israélien organisée annuellement par les étudiants propalestiniens.

« Le Chabad de l’UdeM est très sensible à la question de l’antisémitisme et du BDS, campagne de boycott, de désinvestissements économiques et de sanctions prônés par les détracteurs d’Israël. Nous voulons éviter à tout prix les confrontations. La vocation du Centre Chabad est essentiellement spirituelle. Mais nous sommes pro-Israël et contre le BDS à 1000%. Nous tablons plutôt sur un dialogue constructif. Nous sensibilisons les étudiants juifs à la question de l’antisémitisme et de l’antisionisme. Nous les encourageons à répondre aux critiques d’Israël avec des arguments fondés et sensés rappelant la légitimité de l’État juif et la justesse de sa cause plutôt qu’en brandissant des drapeaux d’Israël. Nous militons en faveur d’Israël d’une manière intelligente et pacifique. »

Sol Felsztyna abonde dans le même sens.

« Il n’a jamais été question de capituler face à la propagande palestinienne. Par contre, nous nous escrimons à rappeler aux étudiants non-juifs, susceptibles d’être séduits par la rhétorique propalestinienne trompeuse, qu’Israël ne se limite pas à une armée et à des soldats combattant des terroristes palestiniens. Israël, c’est aussi une démocratie vibrante, une société très créative, une économie très performante, portée par le high-tech, une littérature et un cinéma qui rayonnent dans le monde entier… Nous voulons promouvoir dans les campus une image positive, et non réactive, d’Israël. Une image autre que politique ou militaire de ce petit pays remarquable: ses réalisations gigantesques dans les domaines des sciences, de la médecine, de l’agriculture, des arts, de la littérature, du cinéma… Les étudiants non-juifs apprécient beaucoup plus ces facettes, malheureusement fort méconnues, d’Israël. »

Elias Levy
Elias Levy

Tribute to Rabbi Adin Steinsaltz Recounts Personal Meetings, Influence

Aug. 11, 2020 – By JANICE ARNOLD

MONTREAL—Reading Rabbi Adin Steinsaltz’s popular work on Kabbalah, The Thirteen Petalled Rose, not only changed Murray Dalfen’s relationship to Judaism, but led to a treasured friendship with the author that lasted three decades until the eminent scholar’s death this month.

Dalfen, head of a major North American commercial real estate company, described his awe at the late rabbi’s intellect, astonishing capacity for work, and genuine love of people at a virtual tribute to Rabbi Steinsaltz held by Chabad of Westmount on Aug. 9.

Rabbi Steinsaltz, best known for his monumental lifelong project of translating the entire Babylonian Talmud into modern Hebrew, making it more accessible even to the lay person, died in his native Jerusalem on Aug. 7 at age 83.

Rabbi Adin Steinsaltz

He visited Chabad of Westmount on three occasions, most recently in 2013, giving memorable lectures and leading joyous farbrengen (gatherings) each time, said the centre’s director, Rabbi Yossi Shanowitz.

“He had a profound impact on everyone there, people from all walks of life,” Rabbi Shanowitz recalled. “He took lofty concepts and communicated them to people of all levels, getting to the essence of the matter.”

Born into a secular family and later trained as a scientist, Rabbi Steinsaltz became religious as a youth and was affiliated with the Chabad-Lubavitch community.

Dalfen, a leading benefactor of Chabad of Westmount, said that after reading The Thirteen Petalled Rose, first published in 1989, he was determined to meet its author. The slim volume, which aimed to make esoteric Jewish mysticism intelligible and relevant, was life-altering for Dalfen.

Getting a personal audience with this towering sage was not so simple, but Dalfen managed to meet Rabbi Steinsaltz in Israel. He would visit him there numerous times over the ensuing years. “I find it unbelievable that I was able to know him for 25 or 30 years on a close level.”

Dalfen later sponsored and raised money for the publication of several of the rabbi’s many books, including one of the more than 40 volumes of the translated Talmud.

Dalfen provided some insights: “He was not humble, but was approachable. He had strong opinions and expressed them.” But he was also kind and had a great sense of humour.

Rabbi Steinsaltz had an “extraordinary memory and knowledge, it was limitless,” and even a stroke in 2016 that robbed him of his speech did not impede his ability to think and continue to write, Dalfen recounted.

Rabbi Adin Steinsaltz

Whenever he was in Jerusalem, Dalfen was sure to find a seat opposite Rabbi Steinsaltz at the shul he attended near the Kotel. What surprised him is how the rabbi would reach out to everyone there, even interrupting prayers to speak to someone who needed him.

“I only saw him lose his temper once,” Dalfen recalled. “It was at my home. Someone criticized one of his books on the Talmud. That person got quiet quickly.”

He recalled a bit of wisdom the rabbi imparted once when they were walking the streets of Westmount. “He said: ‘If one changes their direction even one degree, one ends at a different destination.’”

Chabad of Westmount Rebbetzin Devorah Shanowitz, who emceed the tribute, also had an indirect connection to Rabbi Steinsaltz: They shared a sister-in-law. Prior to the Zoom event, Shanowitz spoke to her to gain a glimpse into the man, whom she called “the Rashi of his generation,” whose work will endure forever.

Observing that his impact was felt beyond the Jewish world, Shanowitz cited Time magazine’s description of Rabbi Steinsaltz as “a once in a millennium” figure.

The tribute heard that he never went to bed before three or four in the morning because he was so engrossed in study and writing, despite health challenges he had for years. Yet at the end of his life, Rabbi Steinsaltz regretted that he had accomplished only a fraction of what he had wanted in unlocking seminal Jewish texts for the benefit of all.

Shanowitz also learned that Rabbi Steinsaltz, on a visit to Eastern Europe, was made aware of the existence of a grave of an ancestor. Time was limited and he was scheduled to speak to a group of young people. “He vacillated, but decided the living take precedence and forwent going to the cemetery.”

Connecting with young people was important for him. Shanowitz related that years ago, he was disappointed and a little angry that only a handful of students showed up for a lecture he was to give in Minnesota because it conflicted with final exams.

Long after, Rabbi Steinsaltz was approached at the Kotel one day by a young man. “He told him he had been among those few students [who attended the lecture] and that hearing Rabbi Steinsaltz had transformed his life, and that is why he was there (praying).”

The tribute concluded with an excerpt from a conversation between Rabbi Steinsaltz and Dalfen during the 2013 visit to Chabad of Westmount. Dalfen asked what the mood in Israel was during that violent and turbulent period. “Do you want to hear propaganda or the truth?” Rabbi Steinsaltz answered without missing a beat.


A Conversation with Rabbi Steinsaltz and Murray Dalfen

Click for video: A Conversation with Rabbi Steinsaltz

Rabbi Adin Even Yisrael Steinsaltz sat down for a conversation at Chabad of Westmount in Montreal, Canada. In this frank and informal discussion, he talks about politics, love, family, and more with Murray Dalfen.

The content in this video is produced by Chabad.org, and is copyrighted by the author and/or Chabad.org.